Los versos del capitán

Puente 118(2004)

Gabriel LEFÈBVRE y « LOS VERSOS DEL CAPITÁN ». Entrevista al artista
Desde el 7 de septiembre hasta el 10 de octubre de 2004, se exponen en la Sala San Jorge, en la Plaza Mayor de Mons, varias obras de artistas que han ilustrado los poemas de NERUDA o que se han inspirado de la lectura de su obra poética para producir una obra personal.
Entre los artistas expuestos mencionaremos a Gabriel LEFÈBVRE (Bélgica), Estela LABIANO (Argentina), Omara SEÚ (Argentina), Roberto ALARCÓN (Cuba), Roxana WERNER (Chile), Itsiuki YANAI (Japón), Carlos ALONSO (Argentina), CURASI (Perú), Rea OLIA (Irán), SIQUEIROS, (México), CECCARELLI (Perú), Mario CARREÑO(Chile), Marc DESARMES (Francia), Maíio OROZCO (México), VARADY (Hungria), Alma del VALLE (Chile), Yves BELIN (Francia), Chalo TULIÁN (Argentina).

Hemos entrevistado a Gabriel LEFÈBVRE, artista de Mons, famoso tanto en Bélgica como en el extranjero, sobre todo en Chile. El artista acaba de ilustrar « LES VERS DU CAPITAINE » / « LOS VERSOS DEL CAPITÁN » de Pablo NERUDA, libro publicado en la editorial La Renaissance du Livre. En la exposición figuran las acuarelas del libro.
En 2005, como ha anunciado el Sr Luis POIROT de la TORRE, Consejero cultural de la Embajada de Chile, toda su obra artística será objeto de una gran exposición en Chile.

F.T. : Gabriel Lefèbvre, vous avez déjà une importante production artistique….. Vous avez illustré des poètes, Eluard, Rimbaud, Prévert, Coran, Brel … créé de nombreux livres pour enfants…..

G.L. :…….. Oui j’ai fait énormément de livres, énormément !…

F.T. : J’allais vous demander d’abord : qui choisit l’auteur a illustrer ? est-ce l’édition qui vous fait des propositions ou est-ce vous qui proposez ?

G.L. : C’est un peu les deux. C’est parfois les deux. Par exemple, Eluard, Prévert, c’est moi…. Brel, Rimbaud , c’est la maison d’édition qui a proposé… Ca dépend…Ca dépend des envies…

F.T. : Cette fois c’est Neruda et les « Les vers du capitaine »… et je voudrais savoir aussi comment vous travaillez, si vous lisez d’abord tous les textes, si vous vous e imprégnez d’abord…

G.L. : Oui, en général, les poètes que j’illustre je les connais, je les aime et ce que je fais, je relis l’œuvre complète en général – je ne dis pas que je l’ai fait pour Neruda que je connaissais déjà – mais par exemple je l’ai fait pour Rimbaud. Je relis l’œuvre avec plaisir…
De toute façon, c’est un plaisir et à partir de là je fais une sélection, quand c’est moi qui choisis les textes et on travaille là-dessus.

F.T. : Les « Vers du capitaine », c’est aussi vous qui les avez choisis ?

G.L. : Non, ce n’est pas moi, « Les Vers du Capitaine », c‘était suite à un contact que j’ai eu
au Chili où j’ai fait une exposition sur « Les vers du capitaine ». A ce moment-là, j’ai rencontré celui qui avait les droits sur « Les vers du capitaine », l’avocat, et j’ai pu obtenir les droits et faire un livre à la Renaissance.

F. T. : Ces illustrations, vous les réalisez au fur et mesure des poèmes ou au hasard, selon l’inspiration ?

G. L. : Non, il y a une méthode. C’est-à-dire… quand j’ai les textes, je travaille d’après les textes, et je travaille – bon, il se peut que j’en fasse passer un avant parce que j’ai une inspiration- mais je travaille assez méthodiquement. En général.

F.T. : Quels sentiments, quelles impressions retenez-vous de la lecture des poèmes de Neruda, des « Vers du capitaine » ?

G.L. : Mes impressions ….. c’était un livre à mon avis qui est important pour lui et qui représente l’homme de 50 ans c.-à-d. l’homme qui a vécu et on ressent très fort ça dans sa poésie qu’il y a eu des blessures , des plaisirs dans la vie et tout ça est exprimé dans ses poèmes, donc j’ai essayé d’exprimer ce mélange de nostalgie, de plaisir, d’espoir.
Mais c’est…. On sent l’homme qui a vécu dans cette poésie et qui a connu énormément de départs, d’arrivées, des déceptions, des blessures… beaucoup de blessures … …des blessures amoureuses …

F.T. : Ces départs sont peut-être symbolisés aussi par cette image du bateau en partance qui illustre la page de couverture ?

G.L. : Oui, bien sûr, il y a beaucoup de symboles dans les dessins que j’ai faits… Il y a les flèches les oiseaux qui partent, il y a le bateau qui part… la voile qui part dans une direction, la fille dans l’autre,etc.,etc.… L’amour, c’est l’amour, c’est compliqué parfois.

F.T. : J’ai appris que vous étiez occupé à illustrer LORCA….. Voyez-vous des connivences avec Neruda ?

G. L. : Oui, bien sûr, les connivences c’est la guerre d’Espagne, c’est un fait évident : c’est l’aide que Neruda a donnée pour les réfugiés espagnols…Il est espagnol, de même langue et de même culture… mais ça s’arrête un peu là. Il y a un côté plus politique chez Neruda que chez Lorca, qui a été fusillé pour des raisons même pas politiques…parce qu’il était homosexuel… Je crois que la comparaison s’arrête là.
…………. Malheureusement la mauvaise nouvelle est que le Lorca est arrêté puisque la Maison d’Edition tombe en faillite… Bon, je vais peut-être faire Lrca mais dans une autre édition. Je ne sais pas. On verra… On verra… !…..

F.T. : Une dernière question. Comment faites-vous pour dessiner : vous partez d’un détail, d’une couleur … ?

G.L. : Oh, vous savez, c’est très difficile à expliquer… Je pars, je pars un peu…, au fait, je pars un peu dans le hasard, avec la couleur… Je joue avec les couleurs et l’imagination vient. D’abord, je lis le poème. Je vois automatiquement des images et puis je joue avec les couleurs…Il y a le fait du hasard et puis il y a aussi sans doute un peu de talent et un peu de professionnalisme… et puis voilà. Mais, vous savez, c’est très difficile d’expliquer, c’est très difficile d’expliquer. Je ne dessine jamais quelque chose au crayon avant… Ca part…ça part dans l’imagination…..

Françoise TOUSSAINT